.
Vous vous êtes déjà demandés pourquoi les gens pleurent lorsque quelqu'un de leurs proches vient à crever? Ce n'est pas pour sa dépouille qui va être jetée à la terre, ce n'est pas parce qu'ils auraient voulu lui éviter une quelconque souffrance, c'est pour eux-mêmes, pour leurs propres gueules. On pleure par simple et pur égoïsme, parce qu'on sait que la personne concernée va nous manquer, et qu'on ne ressemblera plus à rien pour les deux prochains mois aux deux prochaines années qui viennent, la période de deuil variant selon le degré d'intimité avec le défunt. On pense à la mort comme à une tragédie. On pense avoir pitié de celui qui s'en va quand, au fond, on a uniquement pitié de soi-même et de ceux qui restent. Parce que si on y réfléchit bien, quelque sournoise que soit la mort, il n'empêche qu'elle reste une visite à laquelle on s'attend. "Ce n'est pas la mort, de mourir". On arrête de respirer, on se fait bouffer par des insectes ou alors on se fait brûler pour finir éparpillé aux quatre coins d'une quelconque rivière, ou coincé sur l'étagère d'un personnage poussiéreux de sa famille, et puis quoi? Au final, on va se dorer la pilule au paradis ou on se fait chier en enfer, et sur Terre, la vie continue son cours. Pourquoi, alors, est-ce si difficile d'appréhender la mort en amie plutôt qu'en ennemie? D'accepter de se faire quitter, de rester les bras ballants devant le vide et pourtant de trouver la force de continuer à tout voir en rose? L'être humain, sans doute... Mais par pitié, épargnez aux gens vos phrases bateau style : "Il était pourtant tellement jeune...". Petit a), la mort est une délivrance, il faudrait être fou à lier pour désirer rester une minute de plus sur cet enfer terrestre, et petit b) pleurer quelqu'un parce qu'il est "parti trop tôt" plutôt que d'avouer être en colère de ne pas avoir su en mieux en profiter quand il était encore là est hypocrite et m'est particulièrement insupportable. Et moi je l'avoue. Le daron qui s'est cassé quand j'avais onze ans, je ne le plains pas d'être parti, mais je lui en veux, simplement.
Tout ceci dit, je constate que mes pensées sont d'une incohérence rare, et conclus qu'il vaut mieux m'arrêter là avant que tout cela ne parte en couilles.